AUTEUR :

Gautier Buresi

catégorie :

Architecture contemporaine

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E comme Escalier : Design et Circulation Verticale

L'escalier transcende sa fonction utilitaire pour devenir un élément de design central dans l'architecture. Découvrez comment Studio Gani intègre ce concept dans ses projets contemporains.

temps de lecture :

7

minutes

Date de publication :

16 nov. 2025

E comme Escalier : quand la circulation verticale devient objet de design

E comme Escalier s’impose d’emblée au cœur du projet architectural. L’escalier n’est pas seulement un instrument de liaison entre niveaux, il révèle la manière dont un bâtiment se lit, se traverse et se vit. Dans les réalisations de Studio Gani, de la villa contemporaine corse à la rénovation d’un appartement parisien, la circulation verticale se traite comme un élément capable de restituer la mémoire des lieux et d’articuler les nouvelles usages.

L’escalier, pivot de la circulation verticale et du récit spatial

Dans un volume, l’escalier ordonne les parcours et hiérarchise les vues. Il inscrit des rythmes, favorise les rencontres et éclaire la progression. Studio Gani conçoit chaque escalier comme un point d’articulation entre contexte et programme. Ici, l’intervention cherche moins à s’imposer qu’à révéler l’existant. Dans un appartement haussmannien, l’escalier peut restituer la grandeur des circulations tout en s’adaptant aux contraintes de structure. Dans une villa surplombant le golfe d’Ajaccio, il dialogue avec le paysage et cadre des perspectives vers la mer.

Le parti pris est toujours le même : transformer la nécessité en occasion de design. L’escalier devient alors un élément d’identité mais sans geste signature qui étoufferait le lieu. Pour voir des exemples concrets, Studio Gani publie certains projets sur sa page consacrée aux réalisations, où la verticalité se met au service de l’usage et de la lumière.

Conception et ergonomie : penser sécurité, confort et émotion

La réussite d’un escalier tient autant à ses proportions qu’à sa matérialité. La conception commence par des paramètres simples et contraignants. La hauteur de marche et le giron déterminent la pente et le confort de la montée. Dans la pratique courante, on s’appuie sur des valeurs éprouvées : une hauteur de marche située entre 15 et 18 centimètres et un giron compris entre 25 et 30 centimètres permettent une progression naturelle et sûre. Ces repères, associés à des paliers et au traitement des mains courantes, participent à l’ergonomie globale.

Réglementation et accessibilité guident également les choix. Au-delà des normes de sécurité, l’architecte doit intégrer les contraintes d’usage au quotidien : circulation d’objets, présence d’enfants, entretien. L’éclairage, naturel et artificiel, transforme l’escalier en lieu sûr et en élément scénique. Des solutions simples, comme un bandeau lumineux discret sous chaque marche ou un puits de lumière vertical, éclairent sans dramatiser.

Matériaux et détails constructifs : inscrire l’escalier dans le territoire

Le choix des matériaux articule conservation du patrimoine et lisibilité contemporaine. Bois, pierre, béton, acier ou verre se combinent selon le site et le climat. En Corse, face à la mer, la corrosion impose des alliages inoxydables et des essences de bois durables. Dans un appartement parisien, la pierre d’origine peut être conservée et complétée par des marches en chêne huilé pour instaurer un dialogue entre anciens et nouveaux éléments.

Les techniques de construction varient selon l’ambition formelle. Un limon central en acier permet des volées fines et légères, tandis qu’un limon latéral massif organise la composition d’un escalier traditionnel. Les marches maçonnées affirment la permanence, les marches suspendues semblent flotter et allègent le volume. Le choix des finitions — chanfreins, proportions, joints — participe à la qualité sensorielle. Studio Gani privilégie des détails qui éclairent la matérialité sans ostentation et qui préservent la lecture du bâti.

Escalier et lumière : cadrer, révéler, prolonger

L’escalier est un capteur de lumière. Sa position dans la coupe du bâtiment peut modifier profondément l’atmosphère intérieure. Un escalier placé près d’une fenêtre haute participe à la ventilation naturelle et à l’économie d’éclairage. En revanche, un escalier intérieur, absent de lumière directe, devient le lieu d’expérimentations lumineuses : puits zénithaux, verrières, ou jeux d’éclairage ponctuel.

La relation entre la transparence et l’opacité est essentielle. Une balustrade en verre ménage des vues et laisse passer la lumière, tandis qu’un parement en pierre oriente le regard et préserve l’intimité. L’escalier est ainsi un outil pour articuler relations visuelles et contrôle des ambiances intérieures.

Typologies et formes : de la fonction au geste mesuré

Chaque forme d’escalier porte une réponse programmatique. La volée droite s’adapte aux plans linéaires et à la simplicité d’exécution. L’escalier tournant libère de l’espace et crée une progression plus lente, propice à la contemplation. L’escalier hélicoïdal, par sa nature, devient un pivot sculptural dans des espaces réduits. Les escaliers modulaires et démontables trouvent leur place dans des projets temporaires ou soumis à des contraintes structurelles fortes.

Dans les villas contemporaines, l’escalier extérieur peut prolonger la vie domestique vers la terrasse et la piscine. Là, il faut penser l’assise des marches, la résistance aux intempéries et l’entretien. À Paris, un escalier intérieur dans une rénovation exige une attention particulière aux reprises structurelles, à l’épaisseur des planchers et au respect des éléments patrimoniaux. L’architecte doit orchestrer ces paramètres pour que l’escalier dialogue avec le bâti plutôt que de le dénaturer.

Processus de conception au sein d’un atelier : de l’esquisse au détail

La démarche de Studio Gani débute par une lecture fine du site et des besoins. L’esquisse cherche d’abord à révéler les lignes de forces du volume. Rapidement, des maquettes et des coupes permettent d’éprouver la séquence de montée, d’ajuster la lumière et de vérifier la relation aux pièces adjacentes. Les détails constructifs s’affinent ensuite, en concertation avec les artisans et les ingénieurs, afin d’anticiper les interfaces structurelles et les finitions.

La collaboration avec menuisiers, ferronniers et corps d’état est déterminante. Les prototypes de marches, l’échantillonnage des revêtements et les essais d’éclairage évitent les effets de surprise en chantier. L’atelier privilégie des solutions qui favorisent la durabilité et la transmission du geste pour l’usager. Citant la pratique de l’atelier, on pourrait résumer : « l’escalier doit dialoguer avec le lieu et éclairer les usages ».

Exemples d’usage concret : les usagers au centre de la décision

L’impact d’un escalier se mesure à son usage quotidien. Pour une famille, l’escalier devient un espace de passage répété, de pose d’objets, de discussion. Pour un vacancier, il peut organiser la découverte progressive d’un panorama. Un escalier trop raide ou mal éclairé crée une tension dans la vie domestique ; un escalier bien conçu devient un cadre stable, facilitant les gestes et les circulations.

Au niveau urbain, la manière dont un escalier extérieur articule des niveaux de jardin ou de rue participe à la qualité du paysage construit. L’escalier inscrit alors la maison dans son territoire, il transforme un seuil en élément de transition paysagère.

Conclusion : transmettre l’usage, inviter à la découverte

L’escalier, traité avec rigueur et sensibilité, révèle la capacité de l’architecture à articuler mémoire et innovation. Il restaure des séquences, inscrit des parcours et préserve des ambiances. Studio Gani aborde la circulation verticale comme un processus de mise en relation : entre niveaux, entre usages, entre matière et lumière. L’attention portée à la proportion, aux matériaux et à la lumière vise un effet concret pour les habitants et pour le territoire.

Pour en savoir plus sur la manière dont l’escalier peut transformer un projet, découvrir des réalisations et envisager une démarche sur mesure, consultez les projets de l’atelier ou prenez contact via la page contact du studio. Pour approfondir l’histoire et la culture des architectures, la Cité de l’Architecture et du Patrimoine propose des ressources utiles sur l’évolution des formes et techniques.